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Introduction de graminées et/ou de trèfle intercalaire dans la production maraîchère en sol compacté

Objectifs

  • Diminuer l’érosion éolienne des sols

  • Diminuer la compaction des sols

  • Favoriser l’infiltration de l’eau dans le sol

  • Favoriser le développement racinaire

  • Diminuer la pression des mauvaises herbes

  • Augmenter la portance du sol

Mise en contexte

Les sols en culture maraîchère sont particulièrement sujets à l’érosion hydrique et à la compaction. À cause des conditions climatiques souvent difficiles au printemps et à l’automne ainsi que des obligations de marché, le passage de la machinerie se fait souvent dans de mauvaises conditions. De plus, puisque la récolte des cultures maraîchères se poursuit souvent jusqu’à tard à l’automne, il est difficile de faire des engrais verts après ce type de culture. La faible rotation avec des prairies et des céréales accentue le problème. La plupart des cultures maraîchères sont cultivées avec de larges entre-rangs laissés à nu. L’utilisation d’engrais vert intercalaire permet une amélioration physicochimique du sol, diminue la compaction du sol ainsi que la perte des particules de sol par érosion et ruissellement. La présence d’engrais verts intercalaire permet de faciliter les travaux des employés lors de la récolte, par une plus grande propreté fruits et une meilleure portance.

Méthodologie

En 2014, la prise de données a été effectuée dans une culture de tomate tuteurée avec un intercalaire de fétuque rouge. Une culture de choux d’automne avec des entre rangs à nu, connexe à la culture de tomate, servait de témoins. Pour chacune des cultures, les données suivantes ont été prises : le pourcentage de recouvrement de la fétuque rouge et des mauvaises herbes (répartition de 4 stations de 5 mètres dans chacun des traitements. Le % de recouvrement a été mesuré à chaque mètre sur 5 mètres à chaque station), l’identification des espèces de mauvaises herbes présentes, un test de compaction avec un pénétromètre, un profil de sol et un test d’infiltration de l’eau avec un infiltromètre.

En 2015 et 2016, la prise de données a été effectuée dans une culture de fraise à jours neutres sous plasticulture avec un ray-grass en intercalaire et dans une culture d’oignon et de poireau biologique avec du seigle en intercalaire. Pour la culture de fraise à jours neutre, en 2015, il y avait trois parcelles testées par champ (Parcelle 1- Sol à nu dans l’entre-rangs, Parcelle 2- Paille dans l’entre-rangs, Parcelle 3- Ray-grass dans l’entre-rangs) et pour la culture de fraise à jours neutre en 2016, il y avait deux parcelles testées par champ (Parcelle 2- Paille dans l’entre-rangs, Parcelle 3- Ray-grass dans l’entre-rangs). Pour chacune des cultures,  les données suivantes ont été prises : le pourcentage de recouvrement du ray-grass et des mauvaises herbes (répartition de 4 stations de 5 mètres dans chacun des traitements. Le % de recouvrement a été mesuré à chaque mètre sur 5 mètres à chaque station), l’identification des espèces de mauvaises herbes présentes, un test de compaction avec un pénétromètre, un profil de sol et une évaluation de l’incidence de l’anthracnose et de la pourriture cuir.

Résultats

Lors de l’utilisation d’engrais vert intercalaire, il y a :​

  • Diminution de la pression mauvaises herbes

  • Diminution de l’utilisation d’herbicide

  • Augmentation de la résistance à l’enfoncement

  • Meilleur structure du sol en surface

  • Augmentation de la présence de vie biologiques dans le sol

  • Diminution de l’incidence d’anthracnose

Impacts et retombées du projet

L’utilisation d’engrais vert intercalaire dans les productions maraîchères sous plasticulture est très avantageuse autant pour la protection de l’environnement et de l’eau qu’au niveau de l’entreprise agricole. Selon les essais réalisés en 2014 dans la tomate et en 2015-2016 dans les fraises, il semble que l’engrais vert intercalaire ne réussit pas à décompacter le sol à court terme, mais joue un rôle de protection du sol au niveau de l’érosion et du ruissellement. Le producteur de tomate voit beaucoup d'avantages dans la pratique de cette technique. Les fruits sont toujours propres et les employés travaillent dans un milieu agréable. Il y a aussi un apport de matière organique au sol, ce qui améliore avec le temps les propriétés physico-chimiques à long terme. De plus, aucun herbicide n’est utilisé, ce qui est non négligeable sur le plan de la protection des cours d’eau, mais aussi sur le plan économique pour l’entreprise. Pour le producteur de fraises, étant donné que les maladies (anthracnose et pourriture cuir) sont problématiques, il voit un grand avantage à utiliser l’engrais vert. Par contre, lors de récoltes le matin, la rosée sur l’engrais vert est désagréable pour les travailleurs, ce qui pourrait ralentir la cadence.

Pour plus de détails, contactez: 

Jacynthe Paré, agronome

Rapport complet (2014 à 2016):